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Tuesday, July 15, 2008

Meet the Backpackers

Avis a ceux qui craignent de voyager a travers les Balkans...
Les Balkans sont une région plus sûrs que l’on pourrait le penser. C’est la conclusion qui ressort du rapport « La criminalité et son impact dans les Balkans », publié récemment par le Bureau de l’ONU contre la drogue et la criminalité. Les médias internationaux ont cité ce rapport comme une nouvelle de premier plan, puisque certaines des conclusions proposées se heurtent aux stéréotypes classiques qui présentent les Balkans comme une zone dangereuse.

Le rapport démontre que, malgré l’opinion courante, les Balkans n’ont pas de problèmes particuliers avec la criminalité ordinaire. « L’Europe du Sud-Est ne souffre pas de niveaux élevés de criminalité, même pour ce qu’on appelle les « délits ordinaires » : homicides, violences, agressions, enlèvement, vols, etc. En réalité, de ce point de vue, la majeure partie de la région est plus sûre que l’Europe occidentale », lit-on dans le rapport. « Cette donnée essentielle est souvent omise dans les analyses sur la criminalité dans la région ». Le rapport se concentre sur les pays des Balkans occidentaux (ex-Yougoslavie sauf la Slovénie, et Albanie), mais aussi sur la Bulgarie, la Roumanie et la Moldavie, comparés aux pays d’Europe centrale et occidentale et au reste du monde.

Le rapport

Les 130 pages d’une analyse approfondie présentent toutes les questions liées à la criminalité dans les Balkans, depuis les crimes courants jusqu’au crime organisé, y compris la corruption. Les causes socio-économiques ou politiques de la criminalité y sont analysées, de même que son impact sur le développement de la région.

Le rapport fournit avant tout une analyse du contexte général dans les Balkans et souligne que « les conditions sociales en Europe du Sud-Est ne sont pas celles qui sont généralement associées à un niveau de crime élevé. En général, les Balkans ne représentent pas un terrain fertile pour la criminalité ». Le rapport arrive à cette conclusion en partant d’éléments qui concernent toute la région, notamment la dynamique démographique : une population vieillissante, un faible taux de natalité (à l’exception du Kosovo), une forte émigration des jeunes.

Le rapport considère aussi d’autres facteurs, comme les revenus et le niveau d’instruction. Les revenus sont bas mais, dans le même temps, le nombre de personnes vivant dans une pauvreté absolue est relativement faible. Les Balkans ont hérité du communisme un écart limité entre les niveaux de revenu, même si celui-ci a aujourd’hui tendance à croître. Cet écart est considéré comme « un puissant catalyseur de la criminalité ». Globalement, le niveau d’instruction moyen est plutôt élevé.

Plus d’homicides en Europe occidentale que dans les Balkans

Le rapport analyse aussi des indicateurs de base sur les crimes courants, comme le nombre d’homicides ou de vols (surtout de voitures) et conclut clairement que la région est généralement plus sûre que l’Europe occidentale. « En ce qui concerne le taux des homicides, une grande partie de la région se situe dans la moyenne européenne et même en dessous. Font exception la Moldavie et l’Albanie, bien que ces deux pays apparaissent par ailleurs comme plus sûrs que presque toute l’Europe orientale ».

Ainsi, par exemple, le taux moyen d’homicides est de 2,5 pour 100.000 habitants en Europe occidentale (données de 2004) ; il est de 2,3 en Macédoine, de 1,8 en Croatie, de 2,5 en Roumanie, de 4,1 en Bulgarie, de 5,7 en Albanie et enfin de 8,0 en Moldavie. La Russie est en tête du classement, avec 19,9 homicides pour 100.000 personnes. « L’Albanie représente un cas particulier avec un taux relativement élevé », admet-on dans le rapport, mais « le nombre des homicides perpétrés en Albanie en 2006 constitue seulement 5% de ceux qui ont été commis depuis la chute du gouvernement en 1997 [1] ».

De plus, le rapport souligne une tendance à l’amélioration au cours de la dernière décennie, étant donné que le nombre d’homicides diminue partout dans la région. « En étudiant les données concernant la Moldavie, l’Albanie, la Roumanie, la Croatie, la Bulgarie et la Serbie, on peut conclure que le nombre d’homicides dans la région a diminué de moitié entre 1998 et 2006 ».

Moins de vol de voitures en Albanie qu’en Grande-Bretagne

Selon le rapport, en ce qui concerne d’autres types de délits courants, « deux fois plus de vols, quatre fois plus d’agressions et 15 fois plus d’enlèvements se commettent dans les pays occidentaux qu’en Europe du Sud-Est. Par exemple, pour les vols de voitures, le Royaume Uni se situe en bas du classement avec 133 vols pour 100.000 véhicules, la Grèce en comptabilise 185 et l’Autriche 125, alors que la Moldavie en compte 184, la Croatie 166, la Macédoine 113 et l’Albanie 90. La Bulgarie enregistre des statistiques plus mauvaises avec 412 vols pour 100.000 voitures, mais là aussi, le rapport souligne une tendance à l’amélioration.

Après une analyse approfondie et la vérification d’éventuels erreurs, le rapport conclut que ces chiffres, assez positifs, ne sont pas le résultat de quelconques « opérations esthétiques » de la part des gouvernements. La conclusion qui en ressort est que le Sud-Est européen est l’une des zones les plus sûres du monde, et que les dynamiques en cours la rendront encore plus sûre ».

Les données rapportées sur les délits ordinaires sont une bonne nouvelle. Néanmoins, le rapport suscite d’autres discussions sur les données qui concernent le crime organisé dans la région : « ce dont on parle le plus, dans le Sud-Est européen, ce ne sont pas les délits ordinaires mais le crime organisé ». Sur ce point, le rapport souligne deux dimensions : « le rôle des groupes criminels de l’Europe du Sud-Est en Europe occidentale », et « l’impact que le crime organisé exerce sur la région des Balkans ».

Le trafic de drogue

La principale activité de la criminalité organisée dans la région est le trafic de drogue. Le rapport examine aussi la question de la traite des êtres humains et celle des migrations clandestines, qui semblent toutefois considérées comme une menace mineure en diminution.

Le rapport fournit aussi des détails sur le rôle des Balkans dans les routes du trafic de drogue, de l’Asie vers l’Europe occidentale : « La forme la plus lucrative de contrebande est le transport d’héroïne. La fameuse « Route des Balkans », qui relie les producteurs de 90 % de l’héroïne mondiale (l’Afghanistan) avec son consommateur le plus rentable (l’Europe occidentale), est un axe central de ce trafic. On estime qu’environ 100 tonnes de cette drogue traversent chaque année l’Europe du Sud-Est vers l’Europe occidentale, dont 85 tonnes parviennent, au bout du voyage, au consommateur. Il s’agit d’un commerce qui représente entre 25 et 30 milliards de dollars, ce qui dépasse le PIB de tous les pays de la région. Par conséquent, ce flux d’argent représente un énorme pouvoir de corruption ».

« Même si la ‘Route des Balkans’ a été, pendant des dizaines d’années, la principale route de trafic de tout le continent », précise le rapport, « la consommation des opiacés dans la région du Sud-Est européen est deux fois moindre que celle de l’Europe occidentale, et sept fois moindre que celle de l’Europe de l’Est ». Selon les auteurs, ce fait « suggère que le flux est géré par des groupes hautement organisés, déterminés à obtenir le plus de gains possible, plutôt qu’à créer un réseau de coursiers qui pourraient ‘reverser’ une petite partie de la drogue dans leurs communautés locales ». Le rapport note de plus, que « le problème principal du Sud-Est européen, qui sert de pont de la drogue vers l’Europe occidentale, doit être distingué du phénomène des « dealers balkaniques » qui sévissent dans les pays occidentaux, même si les deux sont évidemment interconnectés ».

À propos du trafic de drogue, le rapport souligne tout particulièrement le rôle des groupes criminels « d’origine albanaise » dans ce domaine : « depuis le milieu des années 1990, on soutient que les trafiquants d’origine albanaise contrôlent la diffusion de cette ‘matière première’ en Europe occidentale. Des estimations faites par le passé suggéraient que ces trafiquants contrôlaient au moins 70% de l’héroïne destinée aux marchés principaux ». Le rapport mentionne par exemple des saisies d’héroïne par les autorités italiennes en 2006, qui concernaient pour 50% des citoyens albanais.

En cherchant à expliquer la « couleur ethnique » du trafic organisé, le rapport utilise de nombreuses références à des sources d’Europe occidentale. Les groupes criminels d’origine albanaise sont les seuls à avoir été analysés par une publication d’Europol de 2006 intitulée « La menace du crime organisé ». Le rapport suggère que « le trafic d’héroïne dirigé par les Albanais est probablement le principal problème de crime organisé en Europe ».

La corruption

La corruption, problème majeur des Balkans, n’est pas examinée par le rapport, qui observe cependant que « si le niveau des délits ordinaires est bas et celui du crime organisé en baisse, les activités illégales, dont la corruption ou les fraudes fiscales, restent particulièrement problématiques dans les Balkans ».

Le rapport se réfère aux recherches menées par Transparency International (TI), dont l’objectif est de souligner les problèmes de corruption dans la région. « La majorité de la population continue à payer des pots-de-vin. L’Albanie avait le taux annuel le plus élevé de ‘bakchich’ (66%), parmi les 57 pays étudiés par le Baromètre global de la corruption, réalisé par TI. La moyenne de l’Europe du Sud-Est dépassait de 4,5 fois celle de l’Europe occidentale ».

Le rapport, mis à jour et précis, offre des statistiques détaillées et une analyse réaliste du problème de la criminalité dans les Balkans. Ce dernier fragilise quelques recherches incomplètes ou partielles menées ces dernières années, qui nourrissaient des préjugés faisant des Balkans un endroit particulièrement dangereux. Le rapport offre un compte-rendu complet de l’état de la criminalité dans la région. Les problèmes principaux qui persistent sont le crime organisé et la corruption. La fréquence des délits ordinaires, même si elle est plus élevée que dans la période précédant la transition, reste toutefois fort basse.

[1] Après l’effondrement financier survenu avec la faillite des sociétés financières pyramidales.

From Osservatorio Balcani

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1 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Buna ziua, prietene. Ce parere ai despre arestare lui Karadzic?

2:27 PM  

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